Entré sur le territoire français avec un visa, Karim en a demandé la prolongation afin de rester en situation régulière, puis il a sollicité l'obtention d'un titre de séjour. La préfecture de Gironde a rejeté sa demande, et l'a invité à quitter le territoire le 31 août dernier. Toutefois, le 12 septembre dernier, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé cet arrêté de reconduite, en réfutant tous les arguments de la préfecture, qui a commis selon le juge une « erreur manifeste d'appréciation ».
Bien qu'alerté par les associations, le ministre de l'Intérieur a cependant demandé au préfet de Gironde à faire appel de la décision. Celui-ci reproche à Karim de faire de son homosexualité le motif de sa régularisation, alors que pour Karim, il ne s'agit que de l'explication de son départ d'Algérie. L'intention est donc clair : il s'agit pour Nicolas Sarkozy, en toute conscience, d'obtenir son expulsion à tout prix, quitte à l'extraire de la famille et des proches qu'il lui reste, et à l'exposer à de graves dangers pour son intégrité physique ou morale.
Nous demandons au ministre de l'Intérieur de mettre fin à l'acharnement administratif subi par Karim et de régulariser sans délai sa situation. Nous demandons que soit respecté, partout en Europe, le droit à une vie privée et familiale pour tous les résidents étrangers.
Signez la pétition demandant la régularisation de Karim !
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La cour d'appel de Bordeaux renvoie un gay algérien dans son pays où il risque la prison Courrier Têtu du 22.12.06
Il n'y aura pas de trêve de Noël pour Karim. La cour administrative de Bordeaux vient de rendre son jugement et de confirmer aujourd'hui l'arrêté de reconduite à la frontière qui frappe Karim, jeune gay algérien âgé de 18 ans (lire Quotidien du 20 décembre). Alors que Karim a fui son pays il y a plus de deux ans, après des violences subies en raison de homosexualité, la cour administrative d'appel n'a même pas cherché à entendre les risques qu'il encourt en Algérie en cas de renvoi dans son pays. Karim est donc toujours sous le coup d'une reconduite à la frontière, que la préfecture peut mettre en oeuvre dès qu'elle le souhaite. «Nous ne nous attendions pas à ce que la décision tombe aussi vite. L'Inter-LGBT va prendre rapidement contact avec le ministère de l'Intérieur afin de demander à Nicolas Sarkozy de prendre en compte le caractère exceptionnel de la situation de Karim, a déclaré à Têtu Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT. Les associations qui se sont mobilisées pour Karim sont plongées dans une très grande colère. Cette décision est une négation pure et simple de la situation dans laquelle se trouve Karim. D'un côté, il y a les arguments administratifs et juridiques, mais de l'autre le caractère humain et c'est d'ailleurs pour ce seul motif qu'un ministre de l'Intérieur pourrait aller au-delà d'une décision de justice. C'est cette porte que nous laissons ouverte à Nicolas Sarkozy. S'il décide de la refermer, cela relèvera de sa seule responsabilité.» Matthieu Rouveyre, conseiller municipal PS à la mairie de Bordeaux et parrain républicain de Karim est très choqué: «J! e suis éc½uré. J'en ai les larmes aux yeux. Il n'est pas poss! ible de faire ça à un gamin dans sa situation. Nous allons entrer en résistance et nous servir de cette colère pour tout faire afin que Karim reste ici. Nous allons trouver une solution. Nous ne pouvons pas le laisser partir.»

